forfait

1. forfait [ fɔrfɛ ] n. m.
XIe; de forfaire
Littér. Crime énorme. crime, faute. Commettre, expier un forfait. « La fortune toujours du parti des grands crimes; Les forfaits couronnés devenus légitimes » (Lamartine). forfait 2. forfait [ fɔrfɛ ] n. m.
for-fait 1647; fayfort 1580; de fur « taux » ( fur) et fait, altér. sous l'infl. de 1. forfait
1Convention par laquelle il est stipulé un prix fixé par avance d'une manière invariable pour l'exécution d'une prestation, d'un service. Faire un forfait avec un entrepreneur pour la construction d'une maison. Forfait séjour, forfait vacances : ensemble de prestations proposé par un voyagiste (dit forfaitiste , 1982 ). Forfait pour les remontées mécaniques. abonnement. Loc. adj. et adv. À FORFAIT : à un prix fixé d'avance. Travail à forfait (opposé à travaux en régie) . Vendre, acheter à forfait. Tarification à forfait (ou forfaitisée ).
2Dr. fisc. Évaluation approximative du revenu des personnes non salariées pour déterminer leur imposition. Le régime du forfait.
forfait 3. forfait [ fɔrfɛ ] n. m.
• 1829; angl. forfeit, de l'a. fr. forfait, de forfaire
Hipp. Indemnité que doit payer le propriétaire pour retirer d'une course un cheval déjà engagé. dédit.
Loc. cour. Déclarer forfait : annoncer qu'on ne prendra pas part à une épreuve. Fig. Ne pas participer à la compétition, abandonner, se retirer (cf. Jeter l'éponge).

forfait nom masculin (de forfaire) Littéraire. Crime abominable. ● forfait nom masculin (de for, altération de l'ancien français fur, taux, et fait) Clause d'un contrat qui fixe à un montant invariable le prix d'une prestation : Payer quelqu'un au forfait. Billet correspondant à ce prix (peut s'employer avec un nom en apposition) : Acheter un forfait pour les remontées mécaniques au ski. Forfait-voyage-hôtel. Méthode d'évaluation des bases d'imposition à partir d'éléments considérés comme révélateurs, et résultant d'une discussion entre le fisc et le contribuable (en général les petites entreprises ou leurs représentants) ; résultat de cette évaluation. ● forfait nom masculin (anglais forfeit, pénalité) En sports, fait de ne pas participer à une compétition dans laquelle on était engagé. Somme que le propriétaire d'un cheval engagé dans une course doit payer s'il ne le fait pas courir, sauf en cas de force majeure (certificat du vétérinaire). ● forfait (expressions) nom masculin (de for, altération de l'ancien français fur, taux, et fait) À forfait, selon un prix convenu à l'avance mais payable selon l'avancement des travaux ou des services. ● forfait (expressions) nom masculin (anglais forfeit, pénalité) Déclarer forfait, ne pas se présenter à une épreuve sportive ; renoncer à quelque chose qu'on estime au-dessus de ses forces. Gagner par forfait, gagner une compétition sportive par suite du forfait de son adversaire.

forfait
n. m.
d1./d Convention par laquelle on s'engage à fournir une marchandise, un service, pour un prix invariable fixé à l'avance. Traiter, vendre à forfait.
d2./d Régime fiscal particulier qui permet d'être imposé sur un revenu évalué par accord entre le contribuable et le fisc.
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forfait
n. m. Litt. Crime abominable. Commettre un forfait.
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forfait
n. m. TURF Somme que le propriétaire d'un cheval engagé dans une course doit payer s'il ne le fait pas courir.
|| SPORT Déclarer forfait: se retirer avant l'épreuve.
Fig. Renoncer à poursuivre une entreprise.

I.
⇒FORFAIT1, subst. masc.
Faute grave, sortant de l'ordinaire, commise de façon audacieuse, et paraissant plus monstrueuse du fait de la qualité de son auteur. Commettre un forfait; horrible forfait. Une insurrection terminée par des forfaits tels que le massacre des otages (BOURGET, Actes suivent, 1926, p. 61) :
Dans un temps différent de celui-ci, le forfait de Louvel eût assuré le sceptre à Henri V; mais le crime n'est plus un droit que pour l'homme qui le commet.
CHATEAUBR., Mém., t. 3, 1848, p. 83.
Prononc. et Orth. :[]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. Fin Xe s. forsfait « crime énorme, odieux » (Passion, éd. D'A.S. Avalle, 173). Part. passé substantivé de forfaire.
II.
⇒FORFAIT2, subst. masc.
A.— DROIT
1. DR. CIVIL. Clause d'un contrat ou convention déterminant, à l'avance, en bloc et de manière invariable le prix d'une prestation, d'un service. Ce forum est le même qui figure dans forfait, prix fait, marché fait, forum factum (GOURMONT, Esthét. lang. fr., 1899, p. 159) :
1. Les chevaux sont fournis par un marchand spécialisé dans ce commerce de bourriques, sur un forfait établi d'avance, quel que soit le nombre de chevaux tués.
T'SERSTEVENS, Itinér. esp., 1963, p. 210.
À forfait. Pour un prix fixé d'avance. Marché, vente à forfait; traiter à forfait. C'est une espèce de marché à forfait, sur lequel le locataire peut perdre ou gagner, selon que le revenu réel (...) vaut moins ou vaut plus que le prix qu'il en paie (SAY, Écon. pol., 1832, p. 348). Le grand ingénieur traite à forfait (VILLIERS DE L'I.-A., Contes cruels, 1883, p. 88).
Vx, pop., p. exagér. :
2. Voilà dix ans que je m'extermine le tempérament pour ces deux vieux garçons-là, sans que jamais ils m'aient donné autre chose que des paroles... Rémonencq vous dira que je nourris ces deux vieux à forfait, où que je perds des vingt à trente sous par jour, que toutes mes économies y ont passé...
BALZAC, Cous. Pons, 1848, p. 156.
Spéc. Forfait (de communauté). Clause du contrat de mariage selon laquelle, lors de la dissolution de la communauté, l'un des époux, ou ses héritiers, ne pourra prétendre pour tout droit sur la communauté qu'à une certaine somme fixe. Lorsqu'il est stipulé que l'un des époux ou ses héritiers ne pourront prétendre qu'une certaine somme pour tout droit de communauté, la clause est un forfait qui oblige l'autre époux ou ses héritiers à payer la somme convenue (Code civil, 1804, art. 1522, p. 281).
2. DR. FISCAL. Système d'imposition des non-salariés servant à déterminer la base imposable des bénéfices agricoles, industriels, commerciaux ou non-commerciaux, ou du chiffre d'affaires imposable à la Taxe sur la Valeur Ajoutée, établi après accord entre le contribuable et l'administration. Forfait collectif, individuel. L'arme fiscale du forfait, maniée sans ménagement, allégera les coûts de distribution (PERROUX, Écon. XXe s., 1964, p. 537).
B.— P. méton., usuel. Somme fixée par forfait. Mme Verdurin évoquait une belle promenade et un coûteux « forfait » conclu avec un cocher qui avait demandé « tant » pour la journée (PROUST, Sodome, 1922, p. 1001) :
3. ... il était préférable de fixer un forfait à faire payer aux Allemands, et d'en assurer avec fermeté le versement, que d'attendre d'un inventaire l'énoncé théorique d'une indemnité plus considérable, que les Allemands arriveraient à ne pas payer.
JOFFRE, Mém., t. 2, 1931, p. 375.
REM. 1. Forfait-, premier terme de composés à valeur synthétique, le second terme indiquant ce qui est offert à un prix forfaitaire. Forfaits-cures, forfait-étape, forfaits-séjours, forfait-loisir (cf. GILB. 1971). 2. Forfaitiser, verbe trans., néol. Mettre au régime du forfait. Ce régime vise à forfaitiser les concours financiers et à normaliser les constructions (BELORGEY, Gouvern. et admin. Fr., 1967, p. 314).
Prononc. et Orth. :[]. Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. [1580 fayfort (Edit ds LITTRÉ)] 1647 fort-fait (Ordonn. ds BOIZARD, Traité des monnaies, p. 114 ds DG). Composé de la forme verbale fait de faire et de for(t) altération sous l'infl. de forfait1 de l'a. m. fr. fuer, fur « taux » (v. fur), littéralement « taux, tarif déterminé à l'avance ».
STAT. — Forfait1 et 2. Fréq. abs. littér. :544. Fréq. rel. littér. :XIXe s. : a) 1 435, b) 492; XXe s. : a) 876, b) 297.
III.
⇒FORFAIT3, subst. masc.
SPORT
A.— Somme que le propriétaire d'un cheval ou un concurrent qui ne participe pas à la compétition prévue doit verser aux organisateurs de l'épreuve. (Ds Lar. 19e-20e, DG, GUÉRIN 1892, ROB., DUB., Lar. Lang. fr.).
B.— Inexécution de l'engagement. Le club parisien lourdement handicapé par suite du forfait de son meilleur représentant, Christian Boussus, fortement grippé (Le Temps, 11 avr. 1933, p. 5 ds A. O. GRUBB, Fr. sp. neol., 1937, p. 40).
Déclarer forfait. Renoncer à participer à une épreuve. (Ds. Lar. Lang. fr. et Lexis).
P. ext. et usuel. Pour ce genre de problème, les criminologues de formation médicale ou psychiatrique déclarent forfait (Traité sociol., 1968, p. 208).
Prononc. et Orth. : Cf. forfait1. Étymol. et Hist. 1829 « indemnité due par le propriétaire d'un cheval ne participant pas à une course où il était engagé » (J. des Haras, IV, 299 ds BONN., p. 61); 1933 « non participation à une épreuve ou une compétition sportive dans laquelle on était engagé » (Le Temps, loc. cit.). Empr. à l'angl. forfeit (apparenté à forfait1 et 2 par empr. à l'a. fr.) désignant notamment toute amende ou indemnité due pour la rupture d'un contrat, le non respect d'un engagement. Bbg. QUEM. DDL t. 6.

1. forfait [fɔʀfɛ] n. m.
ÉTYM. Fin Xe, forsfait; de forfaire.
Littér. Crime énorme. Crime, faute. || Commettre, expier (cit. 1) un forfait. || Avouer (cit. 23) ses forfaits. || L'énormité, l'horreur, la noirceur de ses forfaits (→ Atroce, cit. 3). || Forfaits punis par l'Église (→ Crime, cit. 16).
1 C'est à moi seul aussi de punir son forfait.
Corneille, Horace, IV, 2.
2 Du plus grand des forfaits je la croyais coupable.
Molière, les Femmes savantes, II, 6.
2.1 Je lui sauve la vie, je lui rends sa fortune, il m'arrache ce que j'ai de plus cher ! Une bête féroce eût été moins cruelle ! Ô homme, te voilà donc quand tu n'écoutes que tes passions ! Des tigres au fond des plus sauvages déserts auraient horreur de tes forfaits (…)
Sade, Justine…, t. I, p. 64.
3 (…) j'aime mieux que mon cadavre serve de trône à un ambitieux que de devenir par mon silence le complice de ses forfaits.
Billaud-Varenne, in Michelet, Hist. de la Révolution franç., XXI, III.
4 La fortune toujours du parti des grands crimes;
Les forfaits couronnés devenus légitimes (…)
Lamartine, Premières méditations, « Le désespoir ».
————————
2. forfait [fɔʀfɛ] n. m.
ÉTYM. 1829; angl. forfeit, de l'anc. franç. forfait, p. p. de forfaire.
Hippol. Indemnité que doit payer le propriétaire d'un cheval engagé dans une course, s'il ne le fait pas courir. Dédit. || Payer le forfait.
Loc. (1892, cyclisme in Petiot). Déclarer forfait : annoncer qu'on ne prendra pas part à (l'épreuve pour laquelle on était engagé).Fig. Ne pas participer à la compétition, abandonner, se retirer. → Jeter l'éponge.
0 Cela ajoutait à ma conviction, s'il en était besoin. Avant d'être écrasé, liquidé, à terre, vidé de son sang, on ne déclare pas forfait.
F. Giroud, Si je mens, p. 77.
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3. forfait [fɔʀfɛ] n. m.
ÉTYM. 1647, for-fait; fayfort, 1580; de for(t), altér. sous l'infl. de 1. forfait, de fur « taux » (→ Fur), et fait.
1 Convention par laquelle il est stipulé un prix fixé par avance d'une manière invariable pour l'exécution d'une prestation, d'un service. Abonnement. || Faire un forfait avec un entrepreneur pour la construction d'une maison.
REM. Ce terme entre comme premier élément de composés (noms masculins) indiquant que des prestations diverses sont offertes à un prix forfaitaire. Ex. : forfait-vacances, forfait-pension, forfait-séjour.
Loc. adj. et adv. À forfait. || Travail à forfait (opposé à : travaux en régie). || Vendre, acheter à forfait (un produit futur, un ensemble de choses, sans estimation préalable du détail). || Marché à forfait.
1 Nous ferons le marché d'avance, nous traitons cette fois à forfait (…)
Bernanos, la Joie, in Œ. roman., Pl., p. 660.
2 Dr. fisc. Évaluation d'une imposition d'après un revenu réel présumé. || Être soumis au régime du forfait.
2 (…) l'agriculteur a la possibilité, s'il établit un bénéfice réel inférieur au forfait, d'être imposé de préférence sur ces bases (…)
L. Trotabas, Précis de science et législation financière, no 287.
DÉR. Forfaitaire.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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